Feu vert pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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Feu vert pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Message par admin le Dim 10 Fév - 19:12



L’information sera officialisée aujourd’hui : le gouvernement a signé le décret d’utilité publique qui permet de lancer les travaux.
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Le feu passe au vert pour l'aéroport du Grand-Ouest !

L'information paraît ce matin au Journal Officiel et Ouest-France en a eu la confirmation hier : le décret déclarant d'utilité publique le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, a été signé par le Gouvernement. Le vendredi 4 janvier, le texte avait été étudié pour avis par le Conseil d'État. C'est un feu vert donné au chantier pour la réalisation d'un aéroport international destiné au Grand-Ouest. Un appel d'offres européen sera lancé pour une opération représentant plus de trois ans de travaux.

Où se trouve Notre-Dame-des-Landes ?

A 17 kilomètres à vol d'oiseau au nord de Nantes, à 25 kilomètres par la route. Il faut entre 20 et 30 minutes pour s'y rendre par la voie express Nantes-Rennes, si la circulation est fluide. Depuis Rennes, l'aéroport sera à 80 kilomètres, et il faudra compter une bonne heure de trajet pour s'y rendre. Une deux fois deux voies assurera la desserte routière et la liaison avec la voie express Nantes-Vannes. En train, il faudra passer par Nantes et ce sera nettement plus long. Il n'est pour le moment pas prévu de train direct depuis Rennes. Une navette par bus, en site propre depuis Nantes, sera remplacée vers 2025 par une voie ferroviaire empruntant partiellement le réseau Nantes-Châteaubriant, pour y greffer un train-tram. Les études vont démarrer cette année.

Quelle sera l'importance de ce nouvel aéroport international ?

Il s'agit bien de l'aéroport du Grand-Ouest, à vocation internationale. Il devrait voir décoller ses premiers avions à l'horizon 2015, avec une perspective de croissance jusqu'à 9 millions de passagers à l'horizon 2050. Il s'agit du transfert de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique (2,6 millions de passagers en 2007) et non de la création d'un nouvel aéroport. Deux pistes seront mises en service dès l'ouverture.

Un aéroport pour aller où ?

Le trafic régulier interne à la France se porte bien mais progresse lentement. En revanche, le trafic international se développe vers les îles Britanniques, l'Espagne et le Maghreb avec une croissance de 24 % en 2007. Il s'agit soit de lignes régulières soit de low-cost, en forte croissance, qui représente la moitié du trafic régulier international. S'y ajoutent des vols « vacances » en hausse de 6,79 %. L'aéroport de Nantes enregistrait un peu moins de 2 millions de passagers en 2004, et près de 2,6 millions en 2007, après deux années de croissance à deux chiffres.

Est-il vrai que le projet remonte à 1965 ?

C'est un très vieux projet puisqu'il remonte à... 1965, quand on cherchait, déjà, un site aéronautique pour la Bretagne et les Pays de Loire. On pensait aussi y accueillir le Concorde... Le projet est approuvé en 1970 et une zone d'aménagement différé de 950 hectares est constituée en 1974, sur les 1 200 hectares nécessaires. Le dossier est ensuite en sommeil durant près de 30 ans. Un nouveau projet est lancé en 2000 dans la perspective du déplacement de l'aéroport de Nantes-Alantique. Un débat public est engagé en 2005, l'enquête publique intervient en 2006. Après l'avis du Conseil d'État, il ne manquait que la signature gouvernementale. C'est fait.

Que va t-il se passer maintenant ?

Un avis d'appel public européen à la concurrence va être lancé. Il faudra ensuite choisir les candidats, puis le gestionnaire, régler les partenariats public-privé. Les travaux devraient se prolonger durant trois ans. Le coût de l'aéroport est estimé à 581 millions d'euros, sans compter les dessertes de transport.

Des recours sont-ils encore possibles ?

Le collectif des opposants prépare une batterie de recours contre le projet. Pour se faire, il s'est entouré d'avocats spécialisés. Cependant, ces recours n'entravent pas les procédures d'engagement des travaux. Les opposants estiment que le projet est sous-évalué et évoquent une facture finale de 2 milliards d'euros, deux fois le budget de la région des Pays de Loire. Ils espèrent aussi une mobilisation nouvelle au lendemain du Grenelle de l'environnement.

Que va devenir l'aéroport de Nantes-Atlantique ?

Les pistes devraient demeurer, pour la desserte des ateliers d'Airbus, riverains de l'actuel aéroport. L'aviation de loisirs pourrait également en conserver l'usage. La libération des espaces fonciers appartenant à l'État pourrait contribuer au financement de Notre-Dame-des-Landes. L'importante zone industrielle voisine, en partie liée à des activités de logistique et d'hôtellerie, devrait suivre la même transhumance vers Notre-Dame-des-Landes.

Un projet qui fait l'unanimité politique ?

Maire de Nantes en tête, le projet fait une certaine unanimité politique, tant dans la communauté urbaine de Nantes que dans le département et les régions Bretagne et Pays de Loire. Curieusement, les Verts s'y opposent sans en avoir fait un véritable enjeu politique des municipales. Le futur aéroport est présenté comme conforme aux préconisations du Grenelle et supprime le survol du lac de Grandlieu, classé Natura 2000. Le conseil général a proposé de racheter les maisons dans la zone de bruit. Les syndicats et les entreprises ont largement soutenu ce dossier. Il est perçu comme une opportunité économique et du travail potentiel. La Chambre de commerce évoque le risque de saturation à venir de Nantes Atlantique. Mais surtout, les avions survolent actuellement l'agglomération nantaise à l'atterrissage. Outre les risques, les nouvelles normes environnementales liées au bruit limiteraient les projets d'urbanisme sur l'île de Nantes, coeur du développement urbain pour les 20 ans à venir.

Comment le projet est-il perçu sur place ?

Les élus de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres, 50 000 habitants, dont fait partie Notre-Dame-des-Landes, se sont majoritairement prononcés contre. Leurs communes ont toutes connu l'étalement urbain nantais depuis les années 1980, et font face à une véritable explosion démographique. Grandchamps-des-Fontaines ou Treillières ont doublé leur population. Les « rurbains » pèsent aujourd'hui très lourds dans le paysage. Les opposants, regroupés dans un collectif d'associations, soulignent que les choses ont changé depuis 1970, démographiquement, économiquement et écologiquement. Ils relèvent que l'aéroport d'Angers est déjà déficitaire. L'aéroport pourrait apporter des nuisances à 41 000 personnes, voire davantage avec l'augmentation du trafic.

Dossier préparé par Jocelyne Rat et Camille Guillemois.

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